Lundi 14 mai 2012
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En ce moment comme vous avez pu le remarquer, c'est le calme plat, le vide absolu, le grand zéro dans les terres de ce blog. C'est pas faute de n'avoir pas de motivation, j'ai des idées plein la
caboche, mais chaque fois que je saisis mon stylet, rien ne semble vouloir en sortir. Du coup, je vais vous parler de mon coup de coeur du moment, celui que je dois à ce cher Steelou. Et ce coup
de coeur, c'est Dear Esther.
Tout d'abord tranchons dans le vif, précisons, ne faisons pas de chichis. Dear Esther est présenté parfois comme étant un jeu d'action / aventure. Barbie grosse menteuse. DE n'est pas un jeu
d'action / aventure. En fait, DE n'est pas un jeu. Il faut le voir plutôt comme une nouvelle a PEINE interactive, mais ne vous attendez surtout pas à taillader du monstre, à poutrer des vilains
garnements et à sauver le monde. Loin de là en fait.
Dear Esther a cette particularité de n'avoir AUCUN gameplay. Comme me l'a dit ce brave Marty, le jeu aurait aussi bien pu être nommé "appuyez sur Z, le jeu". En effet vous ne pouvez ni sauter, ni
examiner précisément tel ou tel objet, ni même sprinter (et les mauvaises langues ajouteront: pour booster la durée de vie, et on ne leur donnera pas tort). Tout ce que vous pouvez faire durant
tout le jeu est avancer, zoomer sur quelques détails si l'envie vous prend, mais vous ne pourrez pas au moyen d'une touche d'action avoir accès à une description de ce que vous voyez.
Vous êtes le spectateur pur et dur, vous regardez, vous touchez avec les yeux, vous interprétez, vous réfléchissez et personne n'est là pour vous aider. Si votre lampe torche doit être allumée,
eh bien votre personnage le fera de lui-même, mais basiquement a part Z-er, vous n'avez rien à faire.
D'habitude, ici c'est le moment où on parle de l'histoire qui est le principal attrait de DE. Parce que le problème, c'est que si j'expose l'histoire, il ne reste pas grand chose à développer. Je
peux juste vous dire sans vous spoiler aucunement que vous débarquez sur une île déserte, pas un bruit ne vous accompagne à part celui du vent, pas un fichu piaf pour vous rassurer et vous faire
penser qu'il y ait âme qui vive, pourtant durant votre voyage, force sera d'admettre que l'île a bien été occupée, vous croiserez un phare, des cabanons / maisons, bateaux, et surtout cette tour
lumineuse, là, tout en haut, tout au fond, qui clignote encore inlassablement et qui vous fera office de but à atteindre. Pendant votre périple, le narrateur lira quelques lettres qu'il aura
écrites à la fameuse Esther, les révélations se faisant au compte-gouttes, en plus d'être blindées de métaphores.
Un conseil, ne "jouez" pas si vous savez que vous ne serez pas attentif, ce truc vous torturera les méninges, même en étant BIEN en forme, on a quand même moyen de s'embrouiller et de WTFer un
petit moment.
Alors si je ne peux pas parler de l'histoire, que ce truc n'a aucun gameplay, que me reste-t-il finalement?
Faire de la propagande sur l'ambiance qui règne tout du long. Car Dear Esther est foutrement magnifique. Sur le plan graphismes, personne ne vous en voudra de vous la jouer gros touriste et de
fouiller un peu partout pour dénicher textes fluos peints sur les murs, petits détails deça delà, admirer les paysages qui sont quand même vraiment magnifiques, et surtout, surtout, faire
l'enfant dans le chapitre se passant dans les grottes qui vous rappellera le sens exact du mot "émerveillement".
Outre le fait que ce jeu ne vous viole les yeux en finissant par les faire devenir consentant, la bande son est très douce, et elle aussi est très belle, calme, intervenant de temps en temps
seulement, et chose rare, rendant même les silences beaux. Oui. Oui Dear Esther a ce pouvoir. Le silence juste brisé par quelques coups de vent et le bruit des vagues, ça fait quand même son
effet.
A ce niveau là selon moi, ce jeu est une réussite parfaite.
MAIS. Car il y a toujours un mais.
Dear Esther n'est pas un petit plaisir qu'on se refera à tort et à travers quand on a du temps à perdre, déjà de par l'absence totale de gameplay, même sauter un peu aurait fait plaisir, là on se
retrouve régulièrement embêtés par de simples rondins de bois au travers de notre chemin, puis aussi parce qu'eh bien... Il suffit d'avoir plus ou moins UNE heure à perdre pour boucler
l'histoire. Oui, c'est court. On a beau s'émerveiller devant comme un gamin devant une vitrine de magasin de bonbon, ça reste assez décevant. De plus l'histoire bien qu'étant assez "basique" mais
bien contée est justement TROP bien amenée et emploie des mots bien trop soutenus, pas que je sois une inculte, mais même certains mots français m'ont posé problème.
La langue, parlons en. Si vous décidez de jouer en VO, priez pour avoir un niveau d'anglais suffisant, car il est assez ardu pour ceux qui n'en ont qu'une notion assez faiblarde, mais fort heureusement une traduction française est disponible ici, mais je ne sais pas encore si c'est ma parano qui me
travaille ou si c'est avéré, mais pas mal de petits détails ont été jartés. Si quelqu'un pouvait me confirmer, ou que je puisse me confiner dans mes théories cheloues.
BREF, à retenir, Dear Esther n'est pas un jeu, c'est une balade, une jolie balade qui ne touchera pas TOUT LE MONDE, soyons clairs. Il s'agit plus d'un petit bout d'art que d'autre chose, mais ô
combien admirable au niveau de l'ambiance selon moi. Après, il est clair que pour une durée de vie aussi courte, il vaudrait mieux attendre quelques soldes Steam, 8€ pour une heure à sortir le
dictionnaire étant tout de même légèrement abusé, même si je comprends aisément qu'il faille bien payer tout le petit monde qui s'est attelé à développé ce petit bijou.
Oh, d'ailleurs avant de finir, le narrateur a une chouette voix. Vraiment.
Sur ce très chers, à une prochaine .o>
(et si vous avez des questions, hésitez avant de me la poser)